La Gise, un instrument “concluant malgré des imperfections”
Dans son discours à la Nation, à l’occasion du nouvel an, le président Ikililou avait estimé que des imperfections avaient été relevées au cours du déroulement du paiement des salaires, mais des efforts étaient en cours pour apporter les améliorations nécessaires à ce logiciel. Le directeur général du Budget, Saïd Mhamadi, avertit, par ailleurs, que la Gise ne peut, à elle seule, maitriser la masse salariale ; “Il faut maintenant insérer le recensement des fonctionnaires fait par la haute autorité de la Fop et le cadre organique“.
Selon Saïd Mhamadi, l’application de la Gise doit être accompagnée de l’uniformisation des textes de l’Union et des îles autonomes et de la réduction des superstructures. De nouveaux textes cohérents au sein de toutes les institutions devront être faits. “Les salaires des gouverneurs et des commissaires des îles ont été harmonisés mais on voit à travers la Gise qu’il y a toujours des incohérences dont sur le plafonnement des indemnités à 50%. En effet, tous les fonctionnaires de même profil devraient avoir le même salaire afin d’arriver à l’unification de la masse salariale de l’Union et des entités insulaires.
“A partir de juillet 2011, nous avons réduit les doublons et le plafonnement des indemnités est de plus en plus respecté“. Rien que pour le mois de décembre dernier, trente huit agents ont été identifiés comme percevant un double salaire. Conçue pour la maitrise et réduction de la masse salariale, la Gise est d’une grande importance dans le cadre de la réussite du programme Pays pauvres très endettés ou Ippte. Faisant parties du giron de la zone franc, les Comores devront ramener la masse salariale de 60% des recettes propres de l’Etat, à 35%.
“Pour 2011, la masse salariale consolidée va respecter l’enveloppe de 18,5 milliards, fixée par les institutions de Breton Woods malgré la création de la commission anti-corruption et la cour suprême, deux nouvelles institutions qui sont intégrés dans la masse salariale“, assure le haut fonctionnaire de la vice-présidence chargé des Finances. Cette enveloppe de 18 milliards devra être confirmée par la mission du Fmi attendue dans nos murs entre le 4 et 17 mars prochain. “Au rythme actuel, il y a un regain de confiance des institutions internationales, et des chances existent que les Comores atteignent le point d’achèvement“, analyse-t-il.
Rappelons que le décret N°11-78/PR du 30 mai 2011, signé par le chef de l’Etat, qui avait déjà porté sur la réorganisation générale de l’administration, a permis de faire entre 18 à 19 millions d’économie sur la masse salariale. D’autre part, les résultats du recensement qui sont actuellement en exploitation à la Fop, permettront, selon des sources fiables, de disposer d’une Fonction publique “performante et efficace“.
Du coup, certains agents (entre 2000 et 3000) qui ne répondent pas aux critères pourraient être licenciés dans la logique d’une adéquation de la taille de l’administration publique. Il restera, alors, à se demander qu’elle sera la proposition du gouvernement face à un taux de chômage aujourd’hui explosif.
Toyb Ahmed





